Éric Fernez, chef de l’année 2018 au guide gastronomique Gault&Millau

Pour cette dernière interview de l’année, salivons et parlons un peu gastronomie…

 

Est-ce que vos racines ont influencé votre évolution ?

« Mon arrière-grand-mère, Clara Fernez, a accouché presque la moitié des gens de Quaregnon, mon arrière-grand-père, Henri Roger, a été le premier bourgmestre socialiste faisant fonction de Quaregnon. Ils étaient bien connus dans le coin. Né à Libramont, je suis revenu habiter dans la région lorsque j’étais enfant, mes parents maternels étant de Quaregnon-Rivage, et mes parents paternels de Quaregnon-Gare ».

« Les gens du cru ne recherchent pas la sophistication, la décoration mais privilégient le bon, le simple ».

À l’image de ses grands-parents et arrière-grands-parents, Éric Fernez souhaite allier le goût et le bon.

« Mes grands-parents ont toujours vécu de façon bourgeoise sans en avoir les moyens. Ma grand-mère était une grande cuisinière. Leur jardin était une mine d’or (on y cueillait les escargots de Bourgogne, les melons étaient produits sous couche…).

J’essaye également de valoriser les produits du terroir. »

En effet, après le chariot de mignardises, le restaurant d’Éric Fernez propose toujours un Pagnon Borain au grand étonnement de ses convives, à emporter ou manger sur place. S’ensuivent des cuberdons venus de l’entreprise familiale de sa femme.

Dans les amuse-bouches, il est régulier de retrouver une interprétation de la soupe à l’oignon !

« Ma fille, Émilie, qui dirige le restaurant « Le Faitout » a la même fibre que moi » (cf. photo ©Jean-Pierre Gabriel).

 

Quels sont les points forts de la région d'où vous venez ?

Si la région bénéficie d’une mauvaise renommée économique ou sociale, je suis convaincu qu’il y a toujours moyen de « tirer ses marrons du feu » et de sortir du bon dans ce qu’il y a de mauvais.

De nombreux entrepreneurs du coin y croient et ont cru en moi, m’ont soutenu et m’ont poussé à persévérer dans ma démarche.

 

Avez-vous une anecdote à nous partager ?

« Depuis que je suis devenu chef de l’année 2018 au guide gastronomique Gault&Millau, c’est incroyable, mais je connais une augmentation de 35% de ma clientèle flamande ! De même, une interview élogieuse que m’a consacré le Trends il y a quelques mois attire de nombreux clients au Nord du pays… Serais-je devenu plus connu en Flandre qu’à Baudour ? (rires) »

Un homme d’affaire flamand très connu est venu récemment au restaurant et a bravé les travaux de l’autoroute et la déviation par la route de Wallonie. À la fin de son repas, il s’est exclamé, dans un mélange de flamand-borain: « Comment est-il possible de faire une si bonne cuisine dans un trou perdu en Belgique ! »

 

Éric Fernez, Chef doublement étoilé au Guide Michelin, aurait pu s’installer à Bruxelles ou à Knokke. Il a finalement décidé de rester à Baudour, en Cœur du Hainaut, car « on est finalement bien où on est ». Il continue d’ailleurs d’investir dans le coin. Voici une belle success story ! Félicitations à lui et à son équipe.

 

Retrouvez la newsletter du projet de territoire "Coeur du Hainaut" envoyée mensuellement et qui s'attarde sur des success stoires locales, sur des projets prometteurs et multipartenaires et qui épingle à chaque fois une personnalité fière d'y vivre, d'y étudier ou d'y travailler : inscription et découverte des précédentes éditions en cliquant ici !

Agenda

Tout l'agenda

Actualités

Toutes les actus